Ce blog a un intérêt d'archive pour ce qui concerne les historiques élections présidentielles chiliennes, que nous avons suivi sur place de septembre 2005 à mars 2006.

audience  

Présentation du blog consacré à l'élection présidentielle

Lundi 5 mars 2007

Dans une semaine, nous fêterons l'anniversaire de l'intronisation de Michelle Bachelet, un évènement auquel nous n'avons malheureusement pas pu assister car nous avions quitté le pays quelques jours seulement avant, après 6 mois de séjour.

Cette élection, nous l'avons suivi avec beaucoup d'attention, dans la position d'observateurs privilégiés, suffisamment concernés pour être intéressés mais en même temps distant, car il est toujours plus facile d'observer et de commenter une élection qui ne nous concernait finalement qu'indirectement.

Nous la regardions avec encore plus de curiosité parce qu'elle était une sorte de prélude à l'élection française de cette année, et en même temps elle nous renvoyait au souvenir frais et douloureux de l'élection présidentielle de 2002.

La présence d'une femme socialiste, Michelle Bachelet, dans la bataille pour le pouvoir, a attiré l'attention du monde entier, et celle des français en particulier. Ce blog apporte un modeste éclairage. 

Enjeux de l'élection présidentielle chilienne 2005

Les élections auront lieu le 11 décembre. Il s'agit non seulement des élections présidentielles, mais aussi des parlementaires et sénatoriales.

La dictature d'Augusto Pinochet a pris fin il y a 16 ans. Depuis, la droite n'est jamais revenue au pouvoir, qui n'a pas quitté les mains de la "Concertacion", alliance démocrate du parti socialiste, de la démocratie chrétienne et du PPD (Partito Por la Democracia). Les deux premiers présidents étaient issus des rangs démocrates-chrétiens, mais le président sortant, Ricardo Lagos, élu en 2002, est socialiste, le premier président socialiste depuis Salvador Allende.  

Les candidats

Cliquez pour agrandir l'imageIls étaient quatre.

Sebastián Piñera, multimillionnaire de la droite centriste, il joue son image de chef d'entreprise aux affaires florissantes. On le voit sur des affiches entouré une fois de femmes d'un certain âge ("toute ma reconnaissance à toi, femme aux foyer"), une autre d'enfants ("tout mon appui aux futurs leaders du pays"), ainsi de suite. Sa fortune personnelle évaluée à mille millions de dollars (il est notamment propriétaire d'une chaîne de télé et de la compagnie aérienne nationale) n'est pas pour le rapprocher des classes les plus pauvres, pour lesquelles il se dit pourtant très préoccupé. Il est au coude à coude avec Ricardo Lavin pour représenter la droite au deuxième tour.

Il est perçu comme plus modéré que le candidat officiel de la droite, Joaquin Lavin. Il n'y a pas de différence fondamentale de discours. Mais Pinera est moins compromis que Lavin car son engagement en faveur de la dictature a été moins voyant.
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Michelle Bachelet... Candidate socialiste, elle représente la continuité avec le président actuel, Lagos, socialiste lui aussi, mais se dit plus préoccupée par les questions sociales. Elle se dit aussi disposée à reconnaître les unions homosexuelles (sujet fort délicat au Chili). Elle a déjà été ministre de la Défense et ministre de la Santé (elle est médecin). C'est celle qui a, selon les sondages, le plus de chances d'être élue ! Girl power !

Elle a été désignée candidate à la surprise générale, préférée à tout autre éléphant démocrate ou socialiste, car elle bénéficie d'une cote de popularité très élevée. Ainsi, le "risque" a été pris de présenter une femme à la candidature, dans un pays latin et religieux (même si elle est en déclin).

Elle a été deux fois ministre, de la santé, et de la défense, poste extrêmement symbolique au vu de son histoire. Michelle Bachelet est agnostique, divorcée. C'est la fille d'un général de l'armée de l'air qui a soutenu le gouvernement Allende et qui fut assassiné pour trahison à la nation. Elle-même fut torturée, tout comme sa mère. Elle porte les marques de l'histoire du pays, ce qui explique en parti sa popularité.
Elle est travailleuse et sérieuse, le genre de politique avec une véritable "vocation de service public". On pourrait lui reprocher d'être un chouïa trop sérieuse, mais bon, faut pas déconner, on élit pas un(e) président(e) sur de tels critères.

Ah, attendez, on me dit que Jacques Chirac a été élu deux fois président dans un petit pays a plus de 10 000 bornes d'ici. Faut-y pas être con.
Site : http://www.michellebachelet.cl

Cliquez pour agrandir l'imageJoaquín Lavín, candidat de la droite traditionaliste,  est un expert ès démagogie. Aux dernières présidentielles, en 1999, il n'était pas loin de gagner, avec une campagne très bien pensée... On dirait bien qu'il a quelque peu perdu de sa superbe, et de son sens de la communication. Un universitaire a dit de son slogan ("des ailes pour tous") qu'il aurait été mieux employé dans une pub pour la compagnie aérienne nationale...
Il a axé sa campagne, bien entendu, sur la question de la délinquance (ça vous rappelle quelque chose ?). Il a même proposé la création d'une prison sur une île ! Il a dit à ce sujet : "les délinquants votent pour Michelle Bachelet" !!! Ca vole haut...

Il est le représentant de la droite classique chilienne, de ces chiliens qui ont du respect pour ce qu'a fait Pinochet. Certains ont vite tendance à l'oublier, mais lors du référendum qui vit la fin du règne pinochetiste, encore plus de 45 pour cent des chiliens le soutenaient. Mais désormais, il est devenu de mauvais ton d'afficher un soutien au dictateur déchu, où un passé à son service. Alors que son anniversaire rassemblait il y a quelques années encore de nombreux fidèles, Pinochet se retrouve isolé... Le rejet dont fait l'objet Lavin provient sans doute en parti de ce retournement de tendance.  C'est ce rejet qui a poussé Pinera à se présenter contre lui, alors qu'ils étaient originellement alliés.
Site : http://www.joaquinlavin.cl/home.asp
Enfin, le candidat le plus à gauche,Tomás Hirsch, du Parti Humaniste. Aux dernières présidentielles, il a recueilli 0,51 % des voix... Cette année, il a le soutien des communistes et de multiples micro-organisations de gauche, il devrait faire plus. Il dispose de moyens bien moindres que les autres candidats, aussi le premier débat réunissant les quatre candidats a été pour lui une bonne occasion de faire connaître davantage ses idées. Il a alors accompli une bonne prestation, ce qui l'a fait remonter dans les sondages. Au détriment de Michelle Bachelet... ?
Site : http://www.tomashirsch.cl/   

Les grands thèmes de la campagne

  • la délinquance
  • l'emploi
  • la pauvreté
  • l'écologie
  • l'homosexualité
  • l'éducation

La délinquance... fort Boyard fait des émules


La délinquance est un des thèmes principaux de la campagne, celui en tout  cas sur lequel mise Lavín pour s'en sortir. Et il faut croire qu'il rencontre les inquiétudes des gens, malgré un populisme et une démagogie à faire pâlir Berlusconi. Il a notamment promis de construire une prison sur une île... Imaginez la une des journaux télévisés; "Lavín veut construire une prison sur une île!!" Comment ne pas éclater de rire... Comme quoi, Fort Boyard a une influence néfaste sur la jeunesse, c'est désormais prouvé.

Il est peu surprenant que ce sujet soit populaire; chaque journal télévisé s'ouvre sur plusieurs faits divers tous plus glauques les uns que les autres, avant d'aborder, après une quinzaine de minutes, les sujets de fond de l'actualité. Seul le journal de TVN, la télévision publique, sort un peu du lot. Quand on voit ça, on se dit qu'on n'est pas si mal lotis, en France! On en viendrait à regretter son bon vieux PPDA! Les médias au Chili, c'est pas triste... enfin, si. Bref. On y reviendra..

Pourtant, cette propagande ne résiste pas aux chiffres objectifs. Des chiffres parus dans l'édition du Week-end du Mercurio montrent que Santiago était loin d'être la ville la plus dangereuse des Amériques, loin, très loin derrière les mégalopoles brésiliennes et américaines, en tout cas. Washington, par exemple, connaît un taux d'homicide voisin de 60 pour 100 000 habitants, alors celui de Santiago est compris entre 0 et 5 pour 100 000.

Lavín base d'autre part son discours sur les cent mille vols qui auraient lieu chaque année au Chili. Or dans la région métropolitaine ( celle de Santiago), 80 % des vols sont commis dans des supermarchés ou de grands magasins type Galeries Lafayette, nous apprend une excellente enquête de The Clinic . Autant dire que Lavin se bat pour les nantis et pas pour cette classe populaire auprès de laquelle il est pourtant si populaire...

De là à nier le problème de l'insécurité... il y a un pas que nous ne franchirons pas. D'autant plus que les plus pauvres sont les plus touchés. Mais les problèmes sociaux sont tellement évidents que se contenter d'appliquer une démagogique "main dure" reviendrait à mettre un pansement sur un membre amputé.
Découvrir The Clinic...
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Affiches envahissantes

mercredi 8 novembre 2005, 22:57

Ca y est; de grandes affiches ont été posées partout à Santiago... Principalement par les partis de droite, qui ont largement plus de moyens que leurs homologues de gauche. Tomas Hirsch; le candidat de la coalition "Juntos podemos mas", brille par sa discrétion ! Pas le choix, il est fauché comme les blés. La révolution, ça ne paye pas... Michelle Bachelet n'est pas la plus envahissante, et a l'originalité de ne pas proposer des affiches géantes avec sa tête en grand, mais des affiches composées de chiliens représentants diverses couches de la société (jeunes, vieux, femmes, tatoués...).

Quelques affaires : Joaquin Lavín a posé une affiche géante de lui-même, en posture debout, sur la Plaza Italia (place très importante dans la ville), alors que la période où la propagande électorale était autorisée n'avait pas commencé ( de plus elle cachait les panneaux de signalisation !!!). Cette année la commission électorale a été plus sévères que les années passées, où de véritables dérivent avaient eu lieu.

Des punks ont reconnu avoir été payés pour apparaître sur un spot de Pinera, ce qiu a créé un émoi dans la communauté punk, dont une partie à rejeté le couple fautif comme traître à la cause et vendus.

La propagande électorale est en tout cas extrêmement présente; de véritables champs de pancartes sont apparus!! Un sondage montre d'ailleurs que les chiliens en ont ras la casquette...

L'insécurité au Chili, ça craint, la preuve : Pinera agressé par un phoque

Cliquez pour agrandir l'image16 novembre 2006

Sebastian Pinera a eu chaud, et à peu de choses près aurait bien pu y laisser un bout de joue.

Ce qui fait doublement mal, sur cette série de photo, c'est que l'otarie mâle est beaucoup plus expressif que le pauvre candidat. Saluons l'instinct de l'animal; malgré un déguisement réussi, il a su reconnaître le requin. C'est beau la nature. :D

Pour voir la série complète, allez sur le site du diario austral de Valdivia, lien ci-dessous, et descendre jusqu'à la section "El gran susto de Pinera", dans la partie photos.

Diario Austral de Valdivia
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Sondages à profusion

jeudi 17 novembre 2005, 13:47

Le Chili, qui veut être un pays développé quand il sera grand, fait tout comme ses modèles occidentaux: pourquoi eux aussi il ne multiplieraient pas les sondages contradictoire à quelques jours d'intervalles?

Les dernières enquêtes sont tombées ; pour la première fois, Michelle Bachelet a nettement baissé dans les intentions de vote. La faute à la perçée de Hirsch, qui sait à la lutte entre les deux candidats de droite ? Il est en tout cas désormais certain qu'il y aura un second tour.

40,2% à Michelle Bachelet, 20,5% à Joaquín Lavín, 19,7% à Sebastián Piñera,  5,4% à Tomás Hirsch.

Le deuxième débat télévisé a eu lieu hier.

La candidate a réagi publiquement en disant qu'il fallait que tout le monde "se sorte la couenne", et pas seulement la candidate. Pas contente.
samedi 19 novembre 2005, 12:50

Nouveau sondage; il donne Bachelet à 44 pour cent et Hirsch a 3! autant dire que ça ne veut pas dire grand chose...

Nous sommes allés à une réunion de militants de Hirsch hier soir, de bons contacts, on va sûrement accompagner quelques militants sur des sorties. C'est fou le manque de moyens de la coalition de Hirsch; au dessus du "commando" de quartier ( le QG principal s'appelle le "central"), il y avait de grandes affiches de Pinera !

Spots de campagne : 5 partis en 10 secondes.

lundi 21 novembre 2005, 16:32

Nous avons vu les spots pour la campagne sénatoriale. Comme souvent, dans les démocraties contemporaines, ils sont peu intéressants, convenus, et tiennent plus du passage obligé qu'autre chose. Peu de choses à en dire, finalement.

Nous avons été tirés de notre ennui par les spots des partis indépendants. Comme la durée du spot varie selon la représentativité du parti (selon un mode de calcul que nous ne connaissons pas, les petits partis se voient allouer deux secondes des temps de parole, ce qui donne lieu à des spots tout à fait surréalistes. Certains, pour protester, ont choisi d'apparaître avec deux bouts de scotch sur la bouche. D'autres disent juste leur nom... La créativité des candidats est stimulée, il faut être inventif pour faire passer son message en moins de 2 secondes.

ça donne quelque chose comme ça : http://fr.youtube.com/watch?v=oQcb7Cujh6s


Rencontre avec Hirsch !

Cliquez pour agrandir l'image vendredi 25 novembre 2005, 18:30

Grâce aux relations de la fameuse tia Josefina, nous avons pu assister à un repas en présence de Tomas Hirsch.... Et de nombreux illustres personnages de la gauche chilienne (qui nous étaient inconnus, il faut bien l'avouer).
Cliquez pour agrandir l'imagePêle-mêle, l'ancien secrétaire du Parti Communiste (une légende paraît-il !! En effet, il occupait ce poste lors du coup d'Etat. Ca lui a valu quatre ans de prison...), un ancien ministre d'Allende, l'avocate qui a permis de mettre en cause Pinochet récemment, etc. Cette avocate nous a alors appris que Pinochet, accusé jusque là de fraude fiscale et de faux passeports, était aussi mis en cause pour l'opération Colombo (disparition de 119 militants du mouvement de la gauche révolutionnaire, le MIR, en 1975).
Bref, très intéressant, de nouveaux contacts, une interview avec le candidat aux parlementaires, et en plus on a bien mangé !
Cliquez pour agrandir l'imageOn n'était pas les seuls à filmer et photographier ! Pas mal de journalistes, ainsi que les preneurs d'image officiels de Juntos Podemos Mas, la coalition des partis d'extrême gauche qui soutient Hirsch.
Cliquez pour agrandir l'imageA gauche, un ancien ministre de l'économie d'Allende.

Après enquête, il s'agit de José Cademartori, dernier ministre de l'Economie de Salvador Allende. Communiste, quatre fois député, Cademartori fut l'un des principaux rédacteurs du programme commun qui allait mener la gauche au gouvernement. Puis il fut appelé en juillet 1973 à suppléer le ministre de l'Economie, en pleine agitation oppositionnelle.

Il est demeuré fidèle aux principes du «socialisme par les urnes» rêvé par l'unité populaire, comme le prouve son soutien à la candidature de Tomas Hisrsh.

Revenu d'exil, José Cademartori a poursuivi le combat en fondant la section chilienne d'Attac. Il garde aussi un oeil attentif sur les changements en cours dans son ancien pays d'accueil, le Venezuela.

http://www.lecourrier.ch/print.php?sid=2667
Voici un entretien qu'il a donné au Courrier, où il évoque le coup d'état et de ses conséquences, l'Unité Populaire, et les politiques économiques d'hier et d'aujourd'hui.

Biographie tirée du "Courrier", quotidien Suisse (http://www.lecourrier.ch), retravaillée par AP
Cliquez pour agrandir l'imageCe gars avec une tête rigolote, c'est un candidat à la députation pour Juntos Podemos Mas. Nous l'avons interviewé; très sympa.

Après enquête, il s'agit de Raul Alarcon, humaniste. Il a obtenu 4,8 pour cents des voix dans sa circonscription. 

Derniers sondages

jeudi 1 décembre 2005, 15:22

Enquête Ipsos par téléphone sur hommes et femmes de plus de 18 ans dans toutes les régions du Chili, au sein des différents groupes socio-économiques. Sa marge d'erreur est de 3,1 pour cent.

Michelle Bachelet (Concertacion) : 38,5 pour cent.
Pinera: (Renovacion nacional): 22,1 pour cent.
Lavin: 16 pour cent.
Hirsch: 7,6 pour cent.

La tendance à gauche se confirme; érosion de Bachelet, montée du vote de protestation avec Hisrsh. A droite, Pinera semble avoir pris l'avantage sur Lavin dans le duel fratricide de la droite chilienne. C'est Pinera qui a toujours le plus de chances de l'emporter au second tour que Lavin, qui est rejeté par de nombreux chiliens.

Voilà la jolie analyse qu'on pourrait faire... cependant, une autre enquête, de l'entreprise Benchmark, donne 39 pour cent pour Bachelet, 22 pour cent pour Lavin, 20 pour Pinera et 6 pour Hirsh.

Bilan : Bachelet sera au second tour, Hirsh semble être promis à un score honorable, et on ne sait toujours pas qui de Lavin ou Pinera sera au second tour. C'était bien la peine que je fasse un nouveau paragraphe.

Dernier débat

samedi 2 décembre 2005, 11:35

Les candidats ont été réunis pour la dernière fois hier, pour exposer leur politique économique aux chefs d'entreprises chiliens. Sans surprise, les politiques de Lavin, Pinera et Bachelet ont été considérées comme stables, et celle de Hirsch irréalisable. 

La disgrâce de Pinochet

Bientôt...

Coût de la campagne électorale

mercredi 7 décembre 2005, 14:10

Les chiffres des dépenses de campagnes de candidats ont été publiés aujourd'hui dans le Mercurio; la différence est énorme.

Pour ce qui est de la campagne présidentielle, Sebastian Pinera, candidat de la rénovation nationale et multimilliardaire en dollars, est celui qui a le plus dépensé, avec 196,6 millions de pesos, ce qui représente un peu plus de 30 millions d'euros. Ensuite vient Michelle Bachelet, de la coalition socialiste, démocrate, démocrate-chrétienne, avec 74,8 millions de pesos, environ 12 millions d'euros, et Joaquin Lavin, du parti de droite pinochetiste UDI. Le pacte d'extrême gauche Juntos Podemos Mas a dépensé 11 millions de pesos, soit un peu moins de 2 millions d'euros.

Si on additionne les deux partis de droite, de l'ex-Allianza, on atteint 573, 2 millions de pesos, environ 95 millions d'euros, 69 pour cent du total. La Concertacion totalise  238,2 millions de pesos, 34millions d'euros environ, et Juntos Podemos Mas 25 millions de pesos, soit 4 millions d'euros.

L'enquête n'a pris en compte que la région métropolitaine. Elle inclut la publicité diffusée à travers les radios, journaux, et la publicité électorale dans plusieurs quartiers de Santiago.

Pour ce qui est des sénatoriales et des législatives, où 4 postes sont à fournir pour la capitale, et 13 de députés. Pour l'ouest de Santiago Ouest, les quartiers les plus pauvres, le candidat UDI Jovino Novoa a dépensé 53,8 millions (9 millions d'euros), Andre Zaldivar, Démocrate Chrétien 44,2 (un peu moins de 6 millions d'euros). Les autres candidats, Roberto Fantuzzi de la RN 24,4 millions (4 millions de pesos), et Guido Girardi du PPD, 15 (2,5 millions). Les deux autres candidats Juntos Podemos Mas (JPM) ne représentent que 2 pour cent des dépenses

Pour la circonscription de l'est, les quartiers huppés et aisés, la candidate RN Lily Perez a dépensé 52,5 millions, celui de L'UDI Pablo Longueira 40 millions, suivi de la Démocrate Chrétienne Soledad Alvear avec 22,7 millions. Les candidats Juntos Podemos Mas et PS ne dépensent pas 1 pour cent de ce total.

A noter que l'argent dépensé n'est pas proportionnel aux résultats; par exemple, Soledad Alvear est largement en tête devant Lily Perez et Pablo Longueira.

Tiré de l'édition internet du Mercurio
, journal de droite, retravaillé et traduit par AP

Accord pour le second tour à droite

mercredi 7 décembre 2005, 18:53

Dernière minute;  hier Pinera avait refusé de signer un accord de soutien mutuel pour le second tour avec Joaquin Lavin, sous le prétexte que cela avait déjà été le cas il y a quelques mois. Cependant, dans un geste de rapprochement, ils ont ré-envoyé un papier signé de l'accord passé en septembre, ce qui a satisfait le parti de Lavin. Ceux-ci voulaient sûrement adresser un message à leurs électeurs; plusieurs enquêtes montraient en effet que le report des voies étaient loin d'être automatique entre les deux partis.

La Rénovation Nationale de Pinera se veut plus centriste que la UDI vieille droite de Lavin. Cela leur permet de draguer les électeurs démocrate-chrétiens, eux aussi au centre mais faisant partie de la Concertation. 

Premier tour

lundi 12 décembre 2005, 15:50

Ca y est ! Les résultats sont tombés.
Bachelet : 45,95 %
Pinera : 25,41%
Lavin : 23,22%
Hirsch : 5,4%

Bachelet et Pinera s'affronteront donc au second tour, le 15 janvier.
Nous avons assisté au dépouillement des urnes (la première table !), au stade national. C'était animé ! Les partisans et partisanes de gauche applaudissaient à chaque vote pour Michelle Bachelet et Tomas Hirsh (beaucoup moins pour Hirsh quand même). Les votes de Lavin et Pinera étaient conspués, gentiment... Le tout se passait dans la bonne humeur, et entourés de nombreux dictaphones, caméras et reporters.
Il y a des personnes chargées de contrôler le décompte des voix pour chaque parti, et qui ont le droit de contester certains votes mals cochés, ce qui donne parfois lieu à de belles empoignades. Les Chiliens doivent cocher à côté du nom de leur candidat, mais parfois, ils font autre chose qu'une croix, d'où des débats interminables sur la validité du bulletin...
Déjà la tendance semblait montrer que Joaquin Lavin serait éliminé au premier tour. c'est ce qui nous a décidé à aller suivre la soirée électorale avec ses partisans... 

Soirée électorale chez Lavin

Cliquez pour agrandir l'imageNous avons donc passé le reste de la soirée au QG de Lavin !!! C'était loin d'être l'euphorie, comme prévu...
Le hall de l'hôtel 4 étoiles était plein de journalistes qui attendaient Lavin, et plein de partisans à la mine sombre. Jusqu'au bout, certains affirmaient que, les résultats n'étant pas encore définitifs, rien n'était joué. Lavin s'est fait attendre avant d'intervenir, enfin, vers 21 heures 30.
Eliminé au premier tour, il a dû faire un discours de soutien à Pinera... Dur à avaler pour quelqu'un qui a failli être élu aux dernières présidentielles (ça s'est joué à 30 000 voix) , et qui a mené une campagne très agressive contre son camarade! Plusieurs enquêtes montrent que le report des voix entre les deux est loin d'être automatique.

C'est un signe fort que cette élimination au premier tour; un avancée de plus du pays sur la voie de la démocratisation, Lavin étant clairement le représentant de la droite pinochetiste, même si il ne s'en réclamait plus récemment, le dictateur étant tombé en disgrâce. Cette élimination ne doit pas masquer que l'UDI, son parti, est encore le parti le plus important en terme de poids électoral.

Le discours de la défaite de Lavin en vidéo

Nous avions promis des vidéos, les voilà, au bout du lien!
Celle-ci montre Joaquin Lavin juste après sa défaite. Dans un hôtel luxueux du centre-ville, il tiens un discours devant ses plus grands fans qui tentent de le consoler.
Il affirme son soutien sans faille à Sebastian Pinera, et insiste sur le fait que la droite chilienne obtient son meilleur score depuis la fin de la dictature.
Pour moi, ce moment est historique, car l'élimination de Joaquin Lavin au profit de Sebastian Pinera, qui n'a jamais été compromis avec Pinochet au contraire de Lavin, montre que les chiliens sont en train de tourner la page à un moment où Pinochet vit toujours.

La vidéo est en espagnol, nous essayons de mettre des sous-titres dès que possible.

http://www.youtube.com/watch?v=IwLG2xontPo

Deuxième partie.

http://www.youtube.com/watch?v=zKAwUBNsQbY

Autant dire que la prise de cette vidéo était assez acrobatique.  Mais c'était aussi très drôle d'être au milieu de tous ces journalistes avec leurs grosses caméras.
Cliquez pour agrandir l'image

Michelle Bachelet présidente! est-ce si certain?

Débat Bachelet/Pinera

27 décembre 2005, 12:50

La forme du débat présidentiel du 4 janvier prochain a été définie hier.

Les deux candidats s'affronteront a partir de 22h heure chilienne (2h heure française), un accord ayant été conclu entre les deux qgs et Anatel, l'association qui regriupe les chaines de télévisions. Il aura lieu à l'espace Riesco et aura le même format que celui qui a eu lieu le 16 novembre dernier.

Le débat durera 65 minutes et aura trois blocs de 4 questions chacuns. Les journalistes Constanza Santa María, pour canal 13; Alejandro Guillier, pour Chilevisión; Amaro Gómez Pablos, pour Televisión Nacioonal y Livardo Buitrado, pour Megavisión l'animeront. Chilevision participe finalement au débat, malgré le fait que la chaîne soit possédée par M.Pinera.
Chaque candidat aura une minute trente pour donner leur message d'adieu.

Les 36 mesures de Bachelet 

Mardi 3 janvier 2006, 10h48

Michelle Bachelet a annoncé 36 mesures pour les 100 premiers jours de gouvernement. Elle s'est engagée à subventionner les cotisations retraites des jeunes avec des revenus bas et un réajustement général des pensions.

Après s'être réunie aujourd'hui avec une série d'économistes au siège de sa campagne, elle a annoncé les mesures économiques qu'elle appliquera en cas d'élection. Ces 36 mesures sont centrées sur le problème du chômage.

Elle augmentera ainsi à 25 ans l'âge d'accès au programme de bonification du contrat d'apprentissage et augmentera à 50 pour cent du salaire minimum les revenus pendant l'apprentissage.

Dans le domaine éducatif, une aide à la préscolarisation sera attribuée pour les  enfants jusqu'à trois ans, cette mesure concernant les foyers faisant partie des 4à pour cent plus pauvres de la population. Ainsi seront créé 20 milles nouveaux contingents de pré-maternelle et 800 garderies seront habilitées dans tout le pays.

Au niveau de la sécurité, la candidate a annoncé la constitution du Ministère de la Sécurité Publique, qui augmentera le nombre de policiers (carabineros) de 1500 par an. Le recrutement de jeunes à la situation sociale délicate sera financé par une subvention pouvant aller jusqu'à 50 pour cent du salaire.

Dans le domaine de la santé, dont Michelle Bachelet est spécialiste, 60 centres de suivi familial seront créés dans le pays, dans les villes où ils sont le plus nécessaire. Le nombre de maladies couverte par le plan AUGE (mécanisme de sécurité sociale concernant les plus de 60 ans, instauré par le président Lagos, qui prend en charge certaines maladies. Un timide début de sécurité sociale).

D'autres mesures:

  • réajustement automatique des retraites les plus basses.
  • soutien à l'embauche.
  • accès aux maisons de retraite sans liste d'attente.
  • changement du système binominal.
  • mécanisme d'inscription électorale automatique.
  • crédits et bourses pour financer à 100 pour cent l'imposition des étudiants appartenant aux 60 pour cent les plus pauvres de la population.

grand prix de la partialité et de la nullité journalistique au Mercurio!!!

mercredi 4 janvier 2006, 13:18

Le Mercurio n'en rate pas une d'encenser Pinera et d'enfoncer Michelle Bachelet. Ainsi, aujourd'hui, la une de l'édition internet du journal ("Bachelet vacille et s'emmêle les pinceaux après une question sur le change international") est faite sur une pseudo-hésitation de la candidate sur une question économique vraisemblablement maîtrisée par 0,2 pour cent de la population (estimation optimiste). Le tout pour renforcer le discours machiste sur l'incompétence de la dame, et des femmes en général, d'ailleurs. Le tout avec extrait audio et retranscription de l'interview à l'appui...

Les commentaires du journal sont dignes d'une cours d'école primaire; "oooh, elle n'a pas pu préciser clairement son avis sur le rôle de la banque centrale vis a vis des taux de change envers le dolar!!! La honte, elle c'est même faite corriger par un intervieweur!" J'exagère à peine.

Comprendre; Michelle Bachelet est incompétente, votez Pinera. Gageons que cela renforcera le processus d'identification à sa personne... cela la rend finalement très humaine, de ne pas maîtriser sur le bout des doigts d'obscurs mécanismes économiques, tel une technocrate zélée. 

Une conception de l'information étonnante, en tout cas. Faire la Une sur une hésitation somme toute mineure lors d'une interview sur une radio peu écoutée...

Michelle Bachelet botte en effet en touche sur la question de l'interventionnisme de la banque centrale... De là à crier son incompétence... C'est ce genre d'article qui rend la lecture du Mercurio pénible.

Les partis et coalitions

UDI-Unión Demócrata Independiente
Sous Pinochet, ce parti a été partisan de ce qui est nommé "Collaboration avec le gouvernement militaire" sur leur site (http://www.udi.cl/udi/h_colaboracion_gm.htm). Nombre des candidats de l'UDI ont été partisans de Pinochet. C'est donc le parti le plus à droite. Son candidat à la présidentielle est Joaquin Lavin, éliminé au premier tour. Ses candidats les plus connus aux sénatoriales sont Pablo Longueira (qui a été élu) et Jovino Novoa (qui n'a pas été élu). Il se situerait, dans une logique française, à l'aile droite de l'UMP, une droite très conservatrice et chrétienne.

RN-Renovación Nacional
Né en 1987, c'est plus un parti de centre droit d'inspiration libérale. Son candidat à la présidentielle, Sebastian Pinera, sera présent au second tour, le 15 janvier. Ses candidats les plus connus aux sénatoriales : Lily Pérez et Andrés Allamand.
Site : http://www.rn.cl/

Ces deux partis sont traditionnellement alliés sous la bannière de l'Allianza. La candidature de Pinera a quelque peu semé la zizanie dans cette belle union. Après le premier tour, Lavin a néanmoins accordé tout son soutien à Pinera.


La Concertacion est une coalition de centre gauche qui regroupe divers partis politiques dont voici les principaux :

DC-Democracia Cristiana
Parti centriste, de type humaniste chrétien. Des idées sociales, mais un attachement à une vision plutôt conservatrice des moeurs. Les deux premiers gouvernements post-dictature ont été menés par des démocrates chrétiens.
Ses deux principaux candidats aux sénatoriales : Soledad Alvear et Andrés Zaldivar.
Site : http://www.pdc.cl/

PPD-Partido Por la Democracia
Fondé par Lagos, l'actuel président, en 1987, il a notamment fait campagne pour le non au plébiscite de Pinochet. C'est un parti de centre gauche.

PS-Partido Socialista
Il fut fondé en 1933, entre autres par un certain Salvador Allende. L'actuel président, Ricardo Lagos, en est issu, ainsi que la candidate Michelle Bachelet.
Site : http://www.pschile.cl

Juntos Podemos Mas est la coalition la plus à gauche et la plus récente, puisqu'elle a vu le jour pour les élections municipales de 2004. Elle regroupe les deux partis principaux de l'extrême gauche, ainsi que quelques groupuscules.

PH-Partido Humanista
Le parti du candidat aux présidentielles, Hirsch.
Site : http://www.partidohumanista.cl/

PC-Partido Comunista
Fondé en 1922. Ce parti historique ne semble pas avoir connu de réforme modernisatrice, et utilise toujours, par exemple, le symbole du marteau et de la faucille. En 1999, c'est une femme, Gladys Marin, qui s'est présentée pour le PC aux présidentielles. Figure charismatique, elle est morte en mars 2005, et deux jours de deuil national ont été décrétés. Son image est très utilisée par le PC et par Juntos Podemos Mas.
http://www.pcchile.cl/


Brecjnak Team - Mélodie Breton/Adrien Potocnjak-VaillantCliquez ici pour vous abonner à ce flux RSS